• LE CANCER EXISTE-T-IL CHEZ L’ENFANT ?

 OUI ; Les cancers de l’enfant sont rares en comparaison de leur fréquence chez les adultes : ils représentent 1à 3% de l’ensemble des cancers. Au Maroc, les registres  du cancer de Casablanca et Rabat montrent 35.000 nouveaux cancers chaque année, dont 1000 chez l’enfant de moins de 15 ans. Les garçons sont plus touchés que les filles 

  • LE CANCER DE L’ENFANT EST IL CONTAGIEUX ?

NON ; le cancer de l’enfant comme celui de l’adulte n’est pas contagieux

  • LE CANCER DE L’ENFANT EST IL HEREDITAIRE ?

NON ; cependant, on reconnait des facteurs génétiques prédisposants comme la trisomie 21 ou mongolisme et quelques rares tumeurs rétiniennes bilatérales dont certaines sont héréditaires

  • LE CANCER DE L’ENFANT A-T-IL DES CAUSES ? 

Dans la très grande majorité des cas, il n’y a pas d’origine connue à ces cancers, en particulier pas d’influence de facteurs exogènes tels que la consommation d’alcool ou de tabac, ou encore l’alimentation. Cependant l’éducation de l’enfant à la vie saine permet de prévenir les cancers de l’adulte.

  • QUELS SONT  LES CANCERS LES PLUS FREQUENTS CHEZ L’ENFANT ?

Ce sont les leucémies et les lymphomes, regroupés  sous le nom d’hémopathies malignes ou cancers du sang et des ganglions, qui constituent 50% de tous les cancers de l’enfant ; les autres 50% sont constitués par les tumeurs solides : tumeurs du système nerveux central, neuroblastome, néphroblastome, tumeurs osseuses, tumeurs musculaires, tumeurs rétiniennes, etc.  

  • EST – IL PERTINENT DE FAIRE UN DEPISTAGE ?

NON ; La grande diversité et la rapidité d’évolution des cancers de l’enfant font que le dépistage n’a pas d’intérêt pratique. Toutefois, dans certaines familles à risque (antécédents de rétinoblastome, mongolisme, anomalie connue prédisposant), une surveillance sera instaurée. Par contre, un diagnostic précoce est essentiel pour l’évolution de la maladie.

  • QUELS SONT LES SIGNES D’APPEL ? COMMENT RECONNAIT-ON UN CANCER DE L’ENFANT ?

Il n’existe aucun signe clinique spécifique  du cancer de l’enfant. Le plus souvent, ce sont des signes banals : fatigue, essoufflement, fièvre, douleur localisée, grosseur anormale, troubles neurologiques, urines sanglantes…Cependant, tout signe qui persiste en s’aggravant, sans cause évidente, doit faire consulter.

  • QUEL MEDECIN DOIT ON CONSULTER EN PREMIER ?

Un  médecin généraliste ou un pédiatre, de préférence qui connait déjà l’enfant ; ce médecin analysera les différents signes cliniques  et décidera des examens complémentaires qui permettront rapidement de confirmer ou d’infirmer le diagnostic et d’orienter le malade vers un spécialiste ou un centre spécialisé dans le cancer de l’enfant. 

  • PEUT- ON SOIGNER ET GUERIR UN ENFANT ATTEINT DE CANCER ?

Oui avec souvent de bons résultats si le diagnostic est précoce et le traitement adéquat. Dans la majorité des cas, l’enfant guéri de cancer peut tout faire : étudier, jouer, faire du sport, travailler, donner naissance à des enfants sains.

  • Où PEUT- ON SOIGNER UN ENFANT ATTEINT DE CANCER ?

De préférence dans une unité spécialisée dans le traitement du cancer et des maladies du sang de l’enfant ; Il en existe à Rabat, à Casablanca, à Marrakech et à Fès. Ces unités spécialisées soigneront l’enfant conjointement avec le médecin de proximité qui l’a adressé.

  • COMMENT SOIGNE- T - ON LE CANCER DE L’ENFANT ?

Les cancers de l’enfant peuvent être soignés par chirurgie, chimiothérapie ou radiothérapie. Ces moyens de traitement sont  souvent associés dans des protocoles définis selon le type et le stade du cancer et selon l’âge de l’enfant.  

  • QUELS SONT LES RISQUES DE CES TRAITEMENTS ?

Les principaux effets secondaires immédiats chez l’enfant sont des vomissements, une perte de cheveux, des risques infectieux et hémorragiques.  Ces effets disparaissent après l’arrêt des traitements. Les  complications et séquelles à long terme sont devenues plus rares avec les traitements modernes.

  • PEUT- ON SOIGNER SON ENFANT MEME SI ON EST PAUVRE ET SI ON HABITE LOIN D’UN CENTRE DE TRAITEMENT ?

Oui ; chaque service hospitalier est soutenu par une ou plusieurs associations de parents ou de bienfaiteurs ; ces associations aident l’unité par des médicaments ou du matériel et aident les familles par un soutien médical, social et psychologique. Certaines associations offrent l’hébergement aux familles résidant loin du centre de traitement, comme la Maison de l’Avenir à Rabat, et les Maisons de Vie de l’Association Lalla Salma de lutte contre le Cancer à Casablanca, Agadir, Fès et bientôt Marrakech.

 Pr. Fouzia Msefer Alaoui et Pr. Laila Hessissen